Descendants of the Sun

Poster Descendants of the Sun

Capitaine des forces spéciales détaché aux Casques Bleus, Yoo Si-Jin (Song Joon-Ki) rencontre Kang Mo-Yeon (Song Hye-Kyo), chirurgienne en mission de volontariat.

Je passe douze heures par jour en salle d’opération. Je me bats pour la vie. Mais ton combat à toi, c’est de protéger les autres, en donnant la mort.

Descendants of the Sun

Le retour du héros

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on l’attendait, celui-là! Cela faisait des mois que l’on nous faisait miroiter le premier drama de Song Joong-Ki (Nice Guy/Innocent Man) à son retour de l’armée, avec des photos fort alléchantes de lui en uniforme. Je me suis bien évidemment jetée dessus, tout comme, à en croire les ratings, un bon tiers des téléspectateurs coréens.

Scène du tarmac dans Descendants of the Sun

Descendants of the Sun commence sur les chapeaux de roue, avec une splendide scène de combat au couteau qui donne un bon aperçu des compétences et du statut des deux lead masculins, et aborde des thèmes sombres comme la difficulté d’entretenir une relation avec un soldat, déployé pendant des mois entiers pour des missions dangereuses dont il n’a pas le droit de parler, ou le conflit moral entre militaires et médecins.

Affrontement au couteau dans Descendants of the Sun

Le courant passe bien entre Song Joong-Ki et Song Hye-Kyo, on se laisse tout de suite entraîner par leur coup de foudre et l’histoire entre ce médecin qui travaille dur sans jamais obtenir sa promotion et ce soldat d’élite qui, malgré tout ce qu’il a vu et vécu, n’en perd pas une joie de vivre contagieuse. J’ai particulièrement apprécié le caractère direct de leur relation. Ils se plaisent, ils le savent, ils flirtent, ils vont au cinéma, au restaurant. Et puis ils ont des problèmes, ou il n’y aurait pas d’histoire. En revanche point de tergiversations ni de triangles amoureux. Non, ils sont très directs, et c’est tellement rafraîchissant!

Le couple Song Song dans Descendants of the Sun

Bromance: Origins

Mon couple préféré, cependant, n’est pas romantique mais tout ce qu’il y a de plus platonique. La bromance entre le sergent Seo Dae-Young et Yoo Si-Jin est absolument géniale, et les meilleures scènes du drama—souvent à mourir de rire—se déroulent entre eux ou autour d’eux. Ils ont un talent inégalé pour se mettre dans des situations pas possibles et s’en tirer par des moyens tout aussi improbables.

Jin Goo et Song Joong-Ki dans Descendant of the Sun

Descendants of the Sun, chroniques des promesses non tenues

Visuellement, Descendants of the Sun est sublime durant les premiers épisodes, avec de très belles scènes comme le combat au couteau de l’épisode 1, ou l’affrontement de Si-Jin contre ISIS en parallèle des efforts de Mo-Yeong pour sauver la vie d’un patient. En revanche, j’ai eu l’impression que la production avait mis le paquet au début pour attirer les audiences, et puis avait ensuite relâché ses efforts.

Ce n’est malheureusement pas le cas que pour le montage. Arrivée à l’épisode 8, j’ai été frappée par un flagrant problème de rythme. À mi-chemin du drama, on aurait dû être en plein milieu de l’action, avec des problèmes et des péripéties qui s’enchaînent. Mais le conflit se limitait aux problèmes de couple des personnages principaux et à une catastrophe en-dehors, mais les méchants avaient à peine été introduits, et les scénaristes passent à côté d’une occasion en or—mais vraiment, une opportunité grosse comme l’Annapurna—pour faire monter les enjeux. C’est comme s’ils renâclaient à arracher les personnages à leur zone de confort et à les faire vraiment souffrir.

Pour exemple, l’un d’entre eux se prend deux balles dans la poitrine, fait un arrêt cardiaque, et, mystérieusement, est sur pieds dans les dix minutes qui suivent sa réanimation. Il va falloir m’expliquer comment n’importe qui ayant dépassé l’âge de dix ans peut croire à ce scénario ridicule!

Song Joong-Ki dans Descendants of the Sun

Pannes à répétition et personnages immortels, youhou !

Ils sont en zone de guerre. Trois d’entre eux font partie de l’armée (et pourquoi, pourquoi Myung-Ju, la seule femme-soldat du drama, est-elle chirurgienne? Pourquoi ne fait-elle pas partie des forces spéciales? Pourquoi le commando Alpha est-il intégralement composé d’hommes?), dont deux membres des forces spéciales, et la quatrième est une chirurgienne talentueuse elle aussi en milieu hostile. Où sont les affrontements armés? Pourquoi les soldats s’en tirent-ils en permanence sans une égratignure? À quoi sert cette garnison, sinon à courir torse nu en chantant chaque matin? Où est le conflit?

Descendants of the Sun aurait été tellement passionnant s’ils avaient utilisé la mini-intrigue des épisodes 13 et 14 comme fil conducteur du drama lui-même! Au lieu de cela, frustrée et désabusée par de longues heures de déceptions successives et d’occasions manquées, j’ai bien rigolé devant la pauvre tentative des scénaristes pour nous faire craindre pour la vie de ces personnages immortels. Certes, l’épisode en question était assez touchant, mais je n’ai pas eu peur une seule seconde, et je me suis proprement ennuyée tout au long du dernier épisode. Je ne sais franchement pas de quoi ils vont remplir les trois spéciaux, parce que le drama lui-même était déjà tellement creux que c’est un miracle qu’ils aient réussi à tourner seize épisodes complets. Globalement, les rebondissements se limitent à de constantes pannes de voiture, et à des personnages qui vont et viennent de manière si répétitive que c’en est lassant (je pense notamment à l’épisode 8 et à sa double scène de Mo-Yeon en larmes et Si-Jin debout derrière, qui l’observe).

Il fait peur, si, si, on vous assure !

Je suis aussi franchement déçue par le sort réservé à Agus, dont le potentiel de grand méchant a été gâché avec tant d’enthousiasme que c’en est à pleurer. Il y avait tellement d’opportunités pour ce personnage, un nombre incalculable de possibilités quant à son évolution et son impact sur l’intrigue et les personnages, mais non. Vu son entraînement et son parcours, il aurait pu être complexe, retors, terrifiant. Il aurait pu donner du fil à retordre à Yoo Si-Jin, lui rendre coup pour coup, faire de sa vie un enfer. On a préféré lui donner un grand total de trente minutes à l’écran (j’exagère à peine), limiter sa vilenie à quatre provocations en anglais (c’est d’ailleurs le seul, en tant que citoyen américano-coréen, à avoir un accent convenable) et un morceau de scotch sur la bouche de Kang Mo-Yeon, et bye-bye le méchant. Ouuh, je tremble dans mes pantoufles. (Mais quelle frustration!)

David Lee McInnis dans Descendants of the Sun

L’anglais contre-attaque

Le drama est également gangrené par la quantité astronomique de dialogue en anglais et de figurants non-asiatiques à l’anglais plus qu’approximatif, et au jeu tellement lamentable qu’on ne sait pas trop si on doit en rire ou en pleurer. C’est malheureusement courant dans les dramas coréens (le premier exemple qui me vient à l’esprit est King 2 Hearts, avec les excellents Ha Ji-Won et Lee Seung-Gi), et j’avoue que j’aimerais beaucoup que les équipes de production se donnent la peine de recruter des comédiens dignes de ce nom plutôt que de massacrer leurs séries avec des amateurs, mauvais de surcroît. Il y a un moment où ce n’est plus se tirer dans le pied, mais carrément se jeter sur une mine la tête la première et les bras grands ouverts. Certes, il est compréhensible, vu les circonstances, que les personnages en question n’aient pas un accent parfait, mais qu’au moins ils jouent convenablement!

Acteurs étrangers dans Descendants of the Sun

Attends, je crois qu’il se passe quelque-ch… Ah non.

Au final, si j’ai eu du mal à mettre le doigt ce qui m’ennuyait dans ce drama, je viens de le comprendre: c’est l’absence de fil rouge. L’intrigue se compose d’incidents isolés sans lien entre eux, dont certains auraient très bien pu devenir une solide intrigue principale, comme la mission du lieutenant nord-coréen Ahn Jung-Joon et son amitié avec Yoo Si-Jin. Les deux hommes étant membres des forces spéciales de leurs pays respectifs, il y avait là tous les ingrédients pour un scénario basé sur un conflit ou une mission commune avec la Corée du Nord, du même style que King 2 Hearts. Pourquoi, sinon, ouvrir le drama sur leur explosive rencontre?

Descendants of the Sun avait tout pour réussir, vraiment, et sans doute, du point de vue des audiences, a-t-il en effet connu un grand succès, mais c’est pour moi un échec au niveau de la cohésion de la série, qui s’éparpille entre une bonne demi-douzaine de mini-conflits basés sur une ligne directrice effacée: celle de la romance. Sauf que celle-ci, loin d’être une fondation solide, s’effondre très vite, puisqu’il ne fait pratiquement aucun doute que Si-Jin et Mo-Yeon vont finir ensemble. Seo Dae-Young et Yoon Myung-Ju auraient offert un conflit plus marqué, et leur romance évoque bien plus d’inquiétude, de tristesse et de jubilation que celle de Si-Jin et Mo-Yeon.

Jin Goo et Kim Ji-Won dans Descendants of the Sun

Un nouvel espoir ?

L’acteur Jin Goo n’est pas très expressif, mais au moins, il y a un véritable obstacle à la relation de son personnage avec Myung-Ju, alors que les problèmes de Si-Jin et Mo-Yeon se basent exclusivement sur “je sauve des vies, tu en prends,” une problématique qui fait long feu au bout de cinq épisodes. Pourtant, quand Si-Jin finit en effet par prendre une vie sous le nez de Mo-Yeon, la question ne refait même pas surface.

Petite mention pour Onew (SHINEE) dans le rôle du docteur Lee Chi-Hoon, dont la performance plus qu’honorable rend le personnage qu’il incarne très attachant. Pendant que Mo-Yeon pleure dans son coin, Chi-Hoon affronte la culpabilité d’un médecin qui, dans une situation atroce, prend une décision humaine et doit vivre avec (encore que les conséquences en soient mitigées: une énième occasion manquée). Une autre maladresse scénaristique s’ensuit: après avoir passé trois bons épisodes à se morfondre, il redevient pareil à lui-même, frais comme un gardon et sans la moindre trace de ce qu’il a traversé. Je veux bien que le problème ait été résolu, mais c’est symptomatique, à mon sens, de l’absence d’évolution dont souffrent tous les personnages de la série, égaux à eux-mêmes du début à la fin, sans le moindre changement dans leurs convictions, leur personnalité, ou quoi que ce soit d’autre.

Onew (SHINEE) dans Descendants of the Sun

Un point pour la musique

Une bonne chose, la musique était quand même réussie. Le thème principal “Mission Part 1” est magique, “Military Dignity” est, faute de meilleur mot, épique, et les trois premières chansons (ALWAYS, This Love et You Are My Everything), très jolies.

Bref…

Une déception des plus frustrantes.


Titre: Descendants of the Sun

Nationalité: Sud-Coréenne

Avec: Song Joon-Ki, Song Hye-Kyo, Jin Goo, Kim Ji-Won

Date de diffusion: 24/02/2016 au 14/04/2016

Nombre d’épisodes: 16

Genres: Militaire, Médical, Romance.

Ma note: ★★☆☆☆

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